Choix limité ou libre pour les voitures de société ?
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La voiture de société constitue un outil important pour motiver les collaborateurs. Elle représente l’un des avantages matériels les plus convoités dans le paquet salarial. Liberté totale, limitée ou inexistante dans le choix de la voiture de société : quels en sont les avantages et les inconvénients ? Nous avons posé la question à deux responsables flotte expérimentés.
Associer le budget de la voiture de société à la catégorie de fonction constitue une évidence dans la plupart des car policies. Ce qui fait moins l’unanimité, c’est le degré de liberté de choix accordé dans le cadre de ce budget.
En cas de liberté totale, le collaborateur peut choisir librement sa voiture de société, quelle que soit la marque, dans le cadre du budget imparti. Notre baromètre européen du CVO, une enquête annuelle qui analyse les tendances et les évolutions du marché, révèle que la liberté de choix est très appréciée par les collaborateurs.
On peut s’attendre à ce que les conducteurs qui choisissent librement leur voiture soient plus motivés, plus fiers de leur choix et qu’ils prendront donc mieux soin de leur voiture. En outre, le risque de la valeur de revente du parc automobile diminue grâce à une variété de modèles. L’inconvénient évident, c’est que votre flotte est très diversifiée : sur votre parking, on peut trouver tout un éventail de modèles, d’équipements et de couleurs. Avec comme conséquence que transmettre une voiture de société brun or avec des sièges en cuir couleur crème n’aura pas toujours l’effet positif escompté chez le conducteur suivant. Heureusement, ces cas semblent plutôt rares.
Bien que certaines entreprises offrent une liberté de choix, totale ou limitée, à leurs conducteurs, elles interdisent parfois certains modèles, comme par exemple les cabriolets. Cela pour des raisons de sécurité, ou bien parce que la voiture sera plus facile à transmettre à un autre conducteur si le travailleur quitte l’entreprise. Les entreprises peuvent également imposer un certain nombre d’équipements tels que, par exemple, airco, couleur métallisée, Bluetooth ou GPS intégré. Cela pour des raisons de sécurité, de prévention du vol, d’influence sur la valeur résiduelle, etc.
D’autres entreprises vont un pas plus loin et optent pour une liberté de choix limitée. Dans ce cas, l’employeur effectue une sélection préalable d’un certain nombre de marques et de modèles. Bien entendu, cela facilite la gestion de la flotte. En outre, les éventuelles discussions sur les différences individuelles sont pour ainsi dire exclues. La question qui subsiste concerne principalement le caractère suffisamment ou insuffisamment motivant de ce système. Les voitures bien équipées facilitent déjà les choses.
Pour les entreprises qui souhaitent des accords particuliers avec une marque automobile déterminée ou chez lesquelles, pour quelque raison que ce soit, les différences individuelles sont réduites autant que possible, l’absence de liberté de choix est la solution. Dans ce système, le choix est effectué par l’entreprise et est globalement défini pour tous les conducteurs.
Voilà pour la théorie. Deux responsables de flotte nous expliquent à présent les raisons pratiques de leur choix pour l’un des systèmes décrits.
Tout est possible
Alain Bastiaens, Human Resources Manager de Ferranti, une entreprise IT qui emploie 220 personnes et compte en Belgique 175 voitures de société, donne la préférence à la liberté de choix totale : « Effectivement, nous donnons à nos collaborateurs l’occasion de choisir leur voiture eux-mêmes, dans le cadre d’un certain budget, bien sûr. Cette liberté de choix s’intègre totalement dans notre culture d’entreprise, qui repose sur un certain nombre de valeurs clés. L’une d’elle est la flexibilité. Nous exigeons beaucoup de nos collaborateurs : chez Ferranti, ceux-ci doivent être flexibles en termes de temps et d’espace. Dans leur job, ils doivent toujours aller un pas plus loin, penser « out of the box » et se distancier d’une mentalité cloisonnée standard. En tant qu’employeur, nous voulons également leur rendre la flexibilité que nous attendons d’eux, notamment sous la forme de la liberté du choix de leur voiture de société. De cette manière, celui-ci devient un important facteur de motivation. »
« Mettre tous les collaborateurs dans le même break gris, cela ne s’intégrerait pas dans notre culture. Comme nous n’offrons pas à nos clients le même paquet de solutions standard, nous ne voudrions pas que nos collaborateurs donnent une image uniforme. Les budgets par fonction sont définis dans la car policy et sont donc connus. À partir de là, presque tout est possible. Nous excluons uniquement les cabriolets, pour des raisons de sécurité. Mais les 4x4, les breaks et les versions sport sont admis, dans la mesure où la voiture s’inscrit dans le budget. Nous imposons cependant quelques options, telles que pneus hiver et Bluetooth. Notre parc automobile est donc constitué d’une gamme très variée, depuis la classique BMW jusqu’à la Mini Cooper branchée, qu’apprécient surtout nos jeunes collaborateurs. »
Même avec une liberté de choix limitée, les possibilités sont nombreuses
En tant que fleet manager d’Orange Business Belgium, Ann De Smedt gère 150 voitures de société. « Dans notre car policy, nous avons défini 5 budgets et nos collaborateurs peuvent choisir parmi 6 marques automobiles dans le cadre de leur budget. Vous êtes célibataire et vivez seul(e) ? Vous avez cinq enfants ? Nos budgets sont définis de manière à ce que, même dans la tranche inférieure, vous trouviez une voiture qui réponde à vos besoins, compte tenu de votre situation familiale et de la nature de votre travail. Les limites que nous imposons sont davantage liées aux modèles, aux versions et aux marques. Peinture métallisée, airco, pneus hiver, radio/CD et GPS sont des options obligatoires que le conducteur doit inclure dans son budget d’options. Les modèles sport ou les SUV ne sont pas admis, car ils reviennent trop chers en consommation et ils ne répondent pas à nos objectifs en matière d’écologie. Il ne faut pas oublier que nous employons 165 collaborateurs, dont 150 roulent en voiture de société. Il s’agit donc de bien maîtriser le budget de notre flotte. »
« Nous avons délibérément opté pour un choix limité. Il y a quelques années, il y avait une plus grande liberté de choix, mais celle-ci a généré une grande frustration dans l’entreprise. Les gens avaient l’impression que tout le monde ne recevait pas la même chose et que certains étaient désavantagés, ce qui a conduit à une restriction dans la liste des choix possibles. Avec la limitation stricte que nous suivons désormais, chaque collaborateur sait parfaitement qu’il reçoit ce à quoi il a droit, et que chacun est traité de la même manière. Nous savons que nos collaborateurs sont satisfaits de leur voiture de société et du système que nous avons adopté. »
Peut-être vous reconnaissez-vous dans l’une des options choisies, ou peut-être avez-vous développé un système tout à fait spécifique. Quoi qu’il en soit, mieux vaut bien réfléchir à cette politique. Les exemples montrent clairement que la politique choisie doit correspondre parfaitement à la culture de votre entreprise et qu’elle exerce une influence importante sur la motivation. En outre, les expériences antérieures (positives et négatives) influenceront également l’attitude de votre management et de vos collaborateurs par rapport à une certaine politique.
Ce que vous devez retenir
· Le choix d’un système est avant tout déterminé par le type d’entreprise que vous êtes ou désirez être, et donc par des facteurs liés à la culture d’entreprise.
· La liberté de choix totale est fortement appréciée par le conducteur. L’inconvénient est que le parc automobile inclura une plus grande diversité de voitures, y compris des voitures parfois un peu plus difficiles à transmettre.
· En cas de liberté de choix limitée, vous effectuez, en tant qu’employeur, préalablement une sélection bien étudiée, qui s’intègrera dans votre entreprise et qui rendra votre flotte plus uniforme.
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